Depuis près de trente ans, les populations togolaises - en particulier les plus jeunes et les plus démunis - se sentent laissées pour compte car elles ne perçoivent que peu d'aide tant au niveau national qu'international. De plus, la plupart des projets en leur faveur atteignent rarement leurs cibles étant donné le laisser-aller des autorités et le manque de structures locales. Le problème s'est amplifié depuis les années 1990 avec la privation de l'aide internationale pour « déficit démocratique », la dévaluation du franc CFA et la crise économique. Actuellement, l'Indice de Développement Humain (IDH) du Togo - un instrument permettant de mesurer le bien-être des populations - est faible mais conforme à la situation rencontrée par les pays de la région du Golfe de Guinée.



De manière générale, si les populations vivent de la « débrouille » à travers l'agriculture, le commerce et les services, le climat actuel togolais laisse peu d'opportunités de formation et de travail. Avec un chômage en hausse constante et un exode rurale massif, ce constat tend à s'aggraver vu le rallongement de l'espérance de vie et l'explosion démographique du pays avec un million d'habitants en plus tous les dix ans. Avec une pyramide des âges à base très large - près de la moitié de la population a moins de 15 ans - et des prévisions annonçant un doublement de la population dans 25 ans, les problèmes en termes d'éducation et de formation, d'accès au soin de santé ainsi qu'en matière environnementale viendront immanquablement à s'aggraver.